Acné, maladie de jeunesse?

Si, pour celles et ceux qui souffrent d’acné, se regarder dans le miroir est souvent synonyme d’appréhension, essayer de faire disparaître ces boutons disgracieux peut tourner à l’obsession.

Maladie de la peau bénigne, l’acné – une inflammation des glandes sébacées associées aux poils – touche 80% des jeunes entre 12 et 25 ans, mais atteint également parfois adultes et nourrissons. L’acné se manifeste de différentes manières:

  • points noirs (comédons ouverts),
  • points blancs (comédons fermés),
  • papules (comédons enflammés sans contenu liquidien),
  • pustules (papules avec point blanc contenant du pus),
  • nodules ou kystes: profonds et purulents, ils signalent une acné sévère.

Les zones corporelles les plus touchées sont le visage, le cou, la poitrine et le dos. Si l’acné juvénile est causée par les désordres hormonaux de la puberté, l’acné rosacée, elle, s’observe surtout chez les femmes entre 40 et 50 ans. Quant à l’acné néonatale, elle touche le visage du nourrisson et ne dure généralement que quelques mois. D’autres formes d’acné peuvent être la conséquence d’un traitement médicamenteux, d’un contact avec des produits cosmétiques ou industriels.

Ce qu’on peut faire soi-même

  • Évitez de traumatiser votre peau en grattant, pressant, pinçant: de telles manipulations ne résolvent rien et peuvent laisser des cicatrices.
  • Utilisez, pour votre toilette, une émulsion douce, désinfectante, en respectant le mode d’emploi.
  • Appliquez une préparation à base de peroxyde de benzoyle: sous forme de gel, de crème ou de lotion, l’effet antibactérien et légèrement desquamant donne de bons résultats. Attention à l’action décolorante de ces produits sur les tissus et les poils!
  • Le motrétinide, vendu sans ordonnance médicale (crème et lotion) inhibe la formation de nouveaux comédons et réduit l’inflammation.
  • Choisissez vos produits cosmétiques avec soin et demandez conseil à votre pharmacien : crèmes hydratantes non grasses, poudres teintées, stick de fond de teint pour diminuer l’effet «pelant» d’un traitement antiacnéique local ou dissimuler les boutons disgracieux.
  • Soyez patient et persévérant: au début d’un traitement la peau peut sécher, voire peler, le nombre de boutons augmenter… 4 à 6 semaines sont nécessaires pour juger de l’efficacité de votre action.
  • Évitez l’exposition directe et intense au soleil: si son effet semble bénéfique au début, il est néfaste, et ses rayons combinés aux médicaments contre l’acné entraînent souvent des effets indésirables.

Consultez le médecin, un dermatologue de préférence, pour une acné sévère: il peut vous prescrire, en application locale, des dérivés de la vitamine A, des antibiotiques ou de l’acide azélaïque. La voie orale est une autre option : antibiotiques, « pilule » à effet antiandrogène prescrite par le gynécologue et surtout isotrétinoïne (tous ces produits ne sont délivrés que sur ordonnance médicale). Cette dernière donne des résultats spectaculaires mais exige un respect scrupuleux de la posologie et du mode d’emploi: soigner la sécheresse des lèvres, du nez et des yeux de façon appropriée et, pour les femmes, exclure toute grossesse pendant le traitement et un mois après son arrêt.

Pour plus de sécurité

Demandez l’avis du corps médical dans les cas suivants:

  • Pas d’amélioration après 4-6 semaines d’un traitement bien conduit.
  • Les lésions sont très nombreuses, enflammées, voire kystiques (risque de cicatrice) ou démangent.
  • Acné chez un adulte de plus de 25 ans.
  • Acné chez un nourrisson.
  • Vous êtes en contact avec des produits chimiques tels que goudrons ou composés chlorés.
  • Vous êtes sous traitement médicamenteux (corticostéroïdes, «pilules», antiépileptiques, neuroleptiques).
  • Vous avez déjà souffert d’une maladie de la peau.
  • Vous souffrez d’autres symptômes tels que fièvre, douleurs…
  • Vous êtes angoissé, mal dans votre peau, déprimé.
par Christa CALPINI
Pharmacienne

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