«Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.» Un vers bien connu d’Alphonse de Lamartine, poète talentueux dont Mâcon célèbre cette année le 150ème anniversaire de sa mort. Ce romantique s’est-il égaré par la suite en politique? Certains le pensent, le succès de sa carrière fut mitigé, mais le discours virulent qu’il prononça le 23 avril 1835 à la Chambre des Députés pour l’abolition de l’esclavage fit mouche.

Copyright: AllTheContent / Claude-Yves Reymond – Maison familiale Alphonse de Lamartine à Milly-Lamartine

«Il faudra attendre tout de même le 27 avril 1848 pour que 250’000 noirs exploités dans les colonies deviennent libres et citoyens français», confie Catherine Sornay-de Combaud, la propriétaire actuelle de la Maison familiale de Lamartine à Milly-Lamartine. Fait rare pour une demeure d’écrivain, cette dernière a toujours été habitée après le départ de son illustre propriétaire ruiné, qui fut contraint de la vendre en 1860. Elle se visite, du 1er mai au 30 septembre, le dimanche et les jours fériés à 16h ou sur rendez-vous pour les groupes le reste de l’année (contact: +33 (0)6 60 59 79 75).

A Mâcon, dès le 16 juillet 2019, le Musée des Ursulines (5, rue de la Préfecture) consacrera un nouvel espace totalement dédié à Alphonse de Lamartine, une figure historique majeure.

Combat permanent

Copyright: AllTheContent / Claude-Yves Reymond – Maison natale de Victor Hugo

Autre écrivain célèbre né dans la région: Victor Hugo, le 26 février 1802, au numéro 140 de la Grande-Rue à Besançon. Il n’y vécut que six semaines. Il fut alors décidé que sa maison natale, ouverte en 2013, ne serait ni un musée, ni un lieu de mémoire. Elle a pour mission de présenter les combats de cet homme engagé pour la liberté d’expression, pour la dignité humaine, contre la peine de mort, pour les droits des enfants et pour la liberté des peuples. Une lutte incessante, qui demeure d’actualité au cœur des grands enjeux sociaux, idéologiques et politiques.
Cette maison recèle également une curiosité: les livres de Victor Hugo interdits de publication en France étaient imprimés en Belgique. Ils passaient la frontière cachés dans des bustes creux à la barbe des douaniers.

En images

En quittant cet espace vivant dont la scénographie laisse une grande place au multimédia pour encourager la réflexion, pensez à jeter un coup d’œil sur la maison juste en face, où naquirent les frères Lumière! Auguste et Louis n’ont pas inventé le cinéma, mais ils contribuèrent à son exploitation commerciale et à la mise au point de l’autochrome, premier procédé industriel de la photographie couleur.

Ensuite, en vous dirigeant vers le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon, entrez dans la Brasserie du Commerce (31 rue des Granges) pour un hommage à Colette! La romancière écrivit ici la série des «Claudine». Arrivez enfin sur la place de la Révolution! Rouvert en novembre 2018, le «MBAA», sis dans l’ancienne halle aux grains, présente une dizaine d’œuvres majeures exposées de Gustave Courbet, dont le monumental Hallali du cerf (1867).

L’art d’être libre

«Pour peindre un paysage, il faut le connaître. Moi, je connais mon pays, je le peins. (…) Allez-y voir, et vous reconnaîtrez tous mes tableaux.» dixit l’artiste. Courbet eut des débuts difficiles. Il déstabilisait les codes de l’époque, chamboulait les règles, peignait les gens tels qu’ils étaient, travaillait à l’extérieur jusqu’au dernier coup de pinceau sur la toile qu’il noircissait tout d’abord de bitume de Judée bon marché. Les points saillants étaient ensuite éclairés… et le tableau achevé.

Pour célébrer le bicentenaire de la naissance de l’auteur du célèbre tableau «L’origine du monde» montrant le corps d’une femme couchée, jambes ouvertes, le Musée Gustave Courbet à Ornans Franche-Comté, présente – outre les grandes œuvres du peintre réaliste, dont le Chêne de Flagey racheté en 2013 pour 4,5 millions d’euros – une exposition de ses dessins jusqu’au 24 avril. Par la suite, ces œuvres seront exposées au Musée Jenisch à Vevey en septembre.

Copyright: AllTheContent / Claude-Yves Reymond – Château de Joux

Enfin, à proximité de Pontarlier, ne manquez pas le château de Joux, dont l’histoire est marquée par Toussaint Louverture. Né esclave à Saint-Domingue en 1743, il devint gouverneur et œuvra pour l’indépendance d’Haïti. Précurseur des combats pour l’abolition de l’esclavage, il fut emprisonné au Château de Joux, où il décédera le 7 avril 1803.

La région de Bourgogne-Franche-Comté fourmille de merveilles à dénicher. Autre avantage: c’est à moins de deux heures en voiture de Genève ou Lausanne.

Claude-Yves Reymond
partir-magazine.com

CYV/AllTheContent

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