Baby blues, du rire aux larmes

La grossesse et la maternité, ce n’est pas forcément «que du bonheur». Avoir un enfant est une aventure que chaque femme vit à sa manière. Et tout n’est pas toujours rose! Dans les jours qui suivent la naissance, entre 50 et 80% d’entre elles ressentent ce qu’on appelle le baby blues. Un gros coup de déprime bien plus fréquent qu’on ne le croit!

La grossesse est déjà, en soi, un chamboulement vécu plus ou moins bien. Quand on y ajoute l’épreuve physique et émotionnelle qu’est l’accouchement, rien d’étonnant à ce que certaines mamans ne resplendissent pas de bonheur dans les jours qui suivent. On a tous vaguement entendu parler du baby blues, une pathologie qui touche, en réalité, au moins une femme sur deux!

Un mal bénin

«Le baby blues survient trois ou quatre jours après la naissance et dure jusqu’à deux semaines, explique Anne Jeger, psychologue. Les symptômes comprennent une grande tristesse, des sautes d’humeur, des crises de larmes ou d’anxiété. Les femmes ont peur d’être de mauvaises mères, d’être incapables de s’occuper de leur bébé. Vulnérables, découragées, elles en perdent parfois l’appétit et le sommeil. Le baby blues se résorbe de lui-même, c’est pourquoi il n’est pas considéré comme un trouble psychiatrique. S’il s’intensifie et persiste au-delà de deux semaines, il peut alors évoluer vers une dépression post-partum, aux conséquences beaucoup plus graves, surtout si elle n’est pas traitée à temps.»

Des causes multiples

Même si peu de mères osent en parler, le baby blues est fréquent. «La plupart des femmes dorment très mal le dernier mois, constate Anne Jeger. Or, accoucher est éprouvant aussi bien physiquement que moralement. Les émotions sont exacerbées et à cette grande fatigue s’ajoutent la tension nerveuse qui se relâche d’un coup, les hormones qui chutent brutalement et la douleur. Il est normal qu’elles soient vulnérables après l’accouchement. Sans compter qu’elles souffrent parfois d’anémie ou d’un mauvais fonctionnement thyroïdien, et qu’elles ne peuvent pas toujours bénéficier du soutien familial ou médical dont elles auraient besoin à ce moment-là.»

Le rôle de l’entourage

«Mais tu devrais être heureuse!» dit-on souvent. A tort, car la maman n’a pas besoin d’être culpabilisée. «Le conjoint joue un rôle crucial, ajoute Anne Jeger. Il est important qu’il soit compréhensif et la soutienne en s’occupant du bébé pour qu’elle puisse se reposer.» La psychologue conseille ainsi à ses patientes de solliciter famille et amis pour prendre la relève et de s’accorder du temps pour elles en prenant un bain ou en sortant dîner en amoureux. Fort heureusement, le baby blues disparaît généralement aussi rapidement qu’il est venu. «Et si ce n’est pas le cas, il faut que le conjoint soit informé et qu’il demande une aide médicale, si la mère ne peut pas le faire elle-même», conclue Mme Jeger.

Propos recueillis par Nathalie Bottollier/Contenu & Cie
Avec la psychologue FSP/AVP Anne Jeger, diplômée en psychologie clinique

A_JegerMembre de la Fédération suisse des psy-cho-logues (FSP) ainsi que de l’Association vaudoise des psychologues (AVP), Anne Jeger est psychologue clinicienne et exerce en cabinet privé à Lausanne. Elle accompagne de nombreux couples et des femmes s’interrogeant sur la grossesse ou la parentalité. Baby blues et dépression post-natale sont des causes de consultations fréquentes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.