La lettre à nos lecteurs
Recherche scientifique
La science repousse
les limites!

Vous trouverez en pages 14 à 17 une enquête que Wellness & Santé magazine a réalisé dans les centres hospitaliers de notre pays. En fait, la Suisse compte cinq hôpitaux universitaires, à Genève, Lausanne, Bâle, Zurich et Berne et ces cinq centres hospitaliers jouent un rôle de pointe d’envergure européenne dans les domaines des soins médicaux, de la recherche médicale et de la formation.
Pour donner une idée de grandeur, l’Hôpital universitaire de Bâle, par exemple, comprend 50 cliniques, polycliniques et institutions qui collaborent toutes sur une base interdisciplinaire et sous un même toit. Un exemple d’un autre genre mais qui illustre bien les progrès que nous faisons dans le domaine de la santé, le CHUV (Centre hospitalier universitaire vaudois) dispose d’un «bistouri gamma» qui permet d’intervenir dans le cerveau avec une incroyable précision et ceci dans le confort du patient.
Pas étonnant donc que la Suisse s’enorgueillit d’être dans le peloton de tête des pays les plus impliqués dans la recherche scientifique. Nos goûts nous portent à cette recherche et les résultats sont là. Aujourd’hui, une femme a une espérance de vie moyenne d’environ 84 ans et un homme de plus de 79 ans. Et là aussi nous sommes dans le peloton de tête des nations. Selon des chercheurs lausannois, nous aurions même la plus forte proportion de centenaires en Europe et, dans le monde, seul le Japon fait mieux. Ce succès est surtout dû à la diminution de la mortalité au-delà de l’âge de 80 ans, diminution qui s’est accélérée à partir des années 1950.
A l’avenir, l’allongement de la vie devrait se poursuivre. Les chercheurs
estiment en effet que cette tendance n’a probablement pas encore atteint son point culminant.
Doit-on, pour autant, voir l’avenir en rose. Dans une récente enquête parue dans L’Hebdo, Karl-Heinz Krause, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Genève (Unige) est plus réservé: «On traitera des gens qui ont des maladies graves et, si tout va bien, on leur fera gagner dix ans de vie de bonne qualité.» Dépasser le record de longévité – 122 ans – détenu par la Française Jeanne Calmant, ce n’est peut-être pas pour demain.
Ce qui devrait nous interpeller aujourd’hui, ce n’est pas de multiplier le nombre de centenaires, mais de donner à toutes les personnes d’un âge avancé une fin de vie décente. «Il faut ajouter de la vie aux jours et non pas des jours à la vie.» Et là, en Suisse, on a encore beaucoup de travail à faire.
Jean-Claude Marti

