L’expérience, réalisée et réussie à l’université de l’Ohio, n’est pas sans rappeler quelques scènes de films d’horreur… Pourtant, après plusieurs décennies de recherches, des médecins américains sont enfin parvenus à développer, hors du corps, l’un des organes les plus importants chez l’Homme. Entre questions éthiques et avancées médicales essentielles, l’annonce officielle suscite des remous au sein de la communauté scientifique.

En septembre 2015, des biologistes américains annonçaient qu’ils avaient franchi un seuil critique dans le développement et la croissance d’un cerveau hors du corps, et qu’ils étaient parvenus à le garder vivant. René Anand, professeur de biochimie et de pharmacologie à l’université de l’Ohio, créait par son annonce une petite révolution au sein des communautés scientifique et militaire.

Un clonage

«Fabriqué» à partir de cellules de peau adultes reprogrammées en cellules-souches, c’est-à-dire qui peuvent devenir n’importe quel organe humain, le cerveau est à 99% similaire à celui d’un fœtus de cinq semaines, et dispose de sa propre moelle épinière ainsi que d’un œil. Pour parvenir à ce stade de développement, les scientifiques auront mis presque 15 semaines. Si cette première percée scientifique ouvre la voie au clonage de cerveaux humains, le professeur Anand ne compte pas s’en tenir à ce résultat. Désormais, il espère pouvoir faire croître le cerveau cloné jusqu’au stade correspondant à celui d’un fœtus de 12 semaines. Cependant, pour parvenir à ce degré de développement, l’équipe de l’Ohio devra mettre au point un système extracorporel d’irrigation du cerveau, composé d’un cœur et de vaisseaux sanguins artificiels.

Une révolution…

L’annonce de l’avancée réalisée par le professeur Anand et son équipe a globalement été bien accueillie sur le plan médical. Si l’expérience était menée à bien, l’espoir serait permis pour le traitement de nombreuses maladies neurodégénératives, dont Parkinson et Alzheimer. Il serait alors possible de greffer des tissus sains en lieu et place de ceux atteints par le mal. Anand ajoute que sa «création» permettra également de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau, les conséquences de lésions traumatiques ou le syndrome de stress post-traumatique entre autres. Pourtant, la création et le développement d’un cerveau in vitro, a fortiori à partir de cellules-souches humaines, déclenche un tollé parmi les défenseurs de l’éthique du monde entier.

…digne des expériences de Mengele!

Et pour cause. Le travail d’Anand n’est pas sans rappeler les travaux, dans les années 1930, de Sergueï Brukhonenko qui gardait en vie des têtes décapitées d’animaux ou les expériences médicales de Josef Mengele, selon les détracteurs du professeur américain. En outre, se pose la question de la conscience: ce cerveau, développé à partir de cellules humaines, a-t-il la capacité de penser, d’être conscient de lui-même? Pour l’instant, aucune réponse définitive ne peut être apportée, mais ce premier clonage d’un cerveau humain incite les scientifiques et les gouvernements à s’interroger sur de nouvelles législations, plus en phase avec les avancées de la dernière décennie.

Elodie France/AllTheContent News Agency

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