Maladies musculo-squelettiques:

Prévenir vaut mieux que guérir

Selon le constat de la Suva, les douleurs dorsales et cervicales pèsent quelque 2,5 à 3 milliards de francs sur l’économie suisse, plus précisément les entreprises et les administrations, à cause des absences dues à des douleurs et maladies musculo-squelettiques. Les excès de port et de levage d’une charge constituent leurs principales causes. Quelques règles de base deviennent dès lors indispensables, de même que des mesures préventives dans un cadre ergonomique.

shutterstock_134888573-large

En 2005 (chiffres disponibles), 18% des salariés helvétiques (un cinquième environ) se plaignaient de douleurs dorsales et 13% (un huitième) de douleurs musculaires dans les épaules et/ou la nuque, en relation directe avec leur activité professionnelle respective. Les maladies musculo-squelettiques associées au travail atteignent les muscles, les articulations, les tendons, les ligaments, les nerfs et la circulation sanguine locale. Dans la plupart des cas, elles sont imputables à la nature même de la tâche et aux répercussions de son environnement direct, soit autant d’éléments contribuant à leur aggravation notable, avec une influence véritablement défavorable.

La majeure partie des pathologies musculo-squelettiques dues à l’occupation professionnelle se traduisent par des atteintes multiples résultant de sollicitations de longue durée et répétitives, d’une intensité faible à élevée. Cependant, des traumatismes aigus, comme les fractures d’origine accidentelle, peuvent également entraîner des troubles musculo-squelettiques. Ces maladies se manifestent en particulier au niveau du dos, de la nuque, des épaules et des membres supérieurs et des membres inférieurs. Celles mettant en cause le haut du corps sont désignées en tant que lésions de la nuque et des membres supérieurs attribuables au travail. Selon les cas, leurs symptômes se développent durant une longue période et se concrétisent par des douleurs, de l’inconfort et une sensation d’engourdissement, voire de picotements. Le «coup du lapin» touchent près de 11 000 assurés par an, soit un coût annuel d’environ 120 millions de francs.

La bonne technique

Selon les conclusions du Dr Juerg P. Bleuer (Forum Suva 2004), les travailleurs manuels sont plus touchés par ces maladies que les autres catégories professionnelles (jusqu’à un tiers de plus), car les «cols bleus», actifs en particulier dans la construction, les exploitations agricoles et forestières, l’aménagement des jardins et le transport de meubles, sont amenés à soulever des charges (trop) lourdes, à se baisser et à effectuer des mouvements violents de torsion. En revanche, les «cols blancs», qui désignent globalement les fonctionnaires, les employés, les cadres, le management et les professions libérales, sont moins concernés par ces efforts.

En ce qui concerne le port et le levage d’une charge (16 kg maximum pour un homme de plus de 50 ans et 10 kg pour une femme de la même tranche d’âge), l’adaptation d’une bonne technique permet de ménager les disques et l’appareil locomoteur dans son intégralité, tout en améliorant la condition physique et en renforçant la musculature. Lorsque la charge est soulevée avec le dos courbé (mauvaise posture), les disques sont déformés en coin et surchargés sur leurs bords. La charge est alors inégalement répartie, sollicitant davantage la partie antérieure que postérieure des disques. Quelques règles de base pour le port et le levage corrects d’une charge doivent dès lors être suivies à la lettre; il s’agit d’adopter une position stable et sûre, de saisir fermement la charge si possible avec les deux mains, de se mettre en position accroupie en évitant de se baisser plus bas que nécessaire, de soulever et de porter la charge avec le dos droit et plat, de la saisir le plus près possible du corps, de fléchir les genoux et de garder le dos droit en la posant. Lorsqu’une charge apparaît trop lourde, ou exige des efforts particuliers pour la lever, il convient de recourir à des équipements appropriés.

Incontournable ergonomie

Des onditions atérielles ptimales constituent un facteur essentiel pour la mise en place de structures et de procédures ergonomiques. Elles doivent être conçues dans un sens large, à savoir la conception des bâtiments et des locaux, l’aménagement des équipements et des moyens auxiliaires, la vérification de l’entretien des appareils et leur adaptation pour réduire les efforts physiques.

Didier Planche

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.