Arrêter de fumer pourrait bien être votre résolution de l’année. Mais comment y parvenir? De l’accompagnement par des centres de prévention du tabac, à l’hypnose, en passant par l’acupuncture, tour d’horizon des méthodes qui mettront toutes les chances de réussite de votre côté.

© Ekaterina Aristova/Flickr.com

L’an dernier déjà, vous avez essayé d’arrêter de fumer mais sans succès! Imaginez que l’année qui débute soit la bonne? Grâce à nos conseils et à votre volonté, vous pouvez y arriver. Les méthodes pour aider au sevrage tabagique sont légions, qu’elles soient classiques, avec un accompagnement dans un centre spécialisé, une prise de médicaments et de substituts nicotiniques, ou alternatives, comme l’acupuncture ou l’hypnose. Voici, clé en main, le kit qui vous permettra de dire «non» à la clope! De mettre fin, une fois pour toute, à cette mauvaise habitude qui nuit à votre santé et à celle de votre entourage, qui brouille votre teint et vous fait vieillir prématurément. Selon Stop-tabac.ch, site de référence au niveau suisse, la fumée du tabac contiendrait au moins 4000 composants chimiques différents, la plupart sous forme de gaz. Peu encourageant, en effet! Alors, c’est décidé, on cesse de fumer! Mode d’emploi.

Recourir à un accompagnement professionnel

Le CIPRET-Genève existe depuis près de 25 ans et si Genève était pionnier en la matière, le concept a été repris dans plusieurs cantons suisses. «Le centre de prévention offre une permanence pour informer et accompagner de manière personnalisée les personnes désireuses d’arrêter de fumer», explique la directrice-adjointe, Corinne Wahl. Le CIPRET propose cette offre tous les mardis de 12h30 à 14h sauf vacances scolaires, l’entrée y est libre et gratuite. «L’aide apportée est professionnelle et l’approche comme les conseils sont validés scientifiquement, elle est à la fois informative et thérapeutique», précise la tabacologue. Il s’agit d’identifier les besoins des participants. «Les fumeurs ne veulent pas arrêter pour les mêmes raisons, problèmes de santé pour les uns, faire plaisir à leur entourage pour les autres, détaille Corinne Wahl. Il faut surfer sur leurs propres motivations.» La formation spécifique de Corinne Wahl lui permet de déterminer si la personne désireuse d’arrêter de fumer a besoin d’un suivi en consultation individuelle chez un médecin. «L’arrêt du tabac peut avoir des effets sur certains autres traitements en cours et il peut être nécessaire d’adapter les posologies», précise-t-elle. Par exemple les personnes sujettes à des problèmes psychiques comme la dépression, devront aussi être suivis de près, raison pour laquelle le centre recommande quelques médecins genevois formés pour cela. Pour Corinne Wahl, l’aide médicamenteuse est souvent nécessaire au sevrage en fonction du niveau de dépendance de la personne. Un point de vue que confirment les études scientifiques: les traitements au bupropion (Zyban) ou à la varénicline (Champix), complétés par des patches à la nicotine, doublent les chances de succès. Corinne Wahl rappelle encore que «les consultations de tabacologie, proposent de voir les gens de manière rapprochée en début de parcours, selon les besoins individuels, à raison d’une fois par semaine durant les trois premières semaines de cure».

La cigarette électronique, une piste?
La nouvelle loi présentée récemment au parlement par le Conseil fédéral devrait autoriser la vente de nicotine pour la cigarette électronique en Suisse. Si la prudence reste de mise quant à ses effets exacts, cette dernière serait efficace dans l’aide à l’arrêt du tabac. Selon Stop-tabac.ch, une étude récente a démontré qu’elle présenterait une efficacité au moins équivalente aux patchs nicotiniques et nettement supérieure pour la réduction de la consommation. Plus de la moitié de ceux qui ont testé l’e-cigarette ont réussi à diviser par deux leur consommation de tabac, alors que seuls 41% de ceux utilisant le patch sont parvenus à ce résultat. D’autres données, qui restent à confirmer, indiquent qu’elle permettrait aux utilisateurs de réduire leur consommation, voire d’arrêter. Un tiers des 222 participants à une recherche en ligne de Stop-tabac.ch sont devenus abstinents au tabac 6 mois après la première utilisation d’e-cigarette et deux tiers d’entre eux ont diminué leur consommation.

Des aiguilles pour rééquilibrer l’organisme

L’acupuncture est une science ancestrale chinoise. A l’aide de micro-aiguilles plantées sur des points bien précis du corps, elle permet de rééquilibrer les énergies. «Pour l’arrêt du tabac, je préconise un traitement dégressif qui dure environ 3 à 4 semaines, relève Danielle Anthonioz-Bornet, médecin spécialisée en médecine traditionnelle chinoise. J’agis sur le système nerveux pour calmer, détendre et déstresser.» La spécialiste explique agir également sur la volonté du patient et sur le dégoût. Les aiguilles, d’un diamètre d’un quart de millimètre, sont placées sur le visage et sur les jambes pour un traitement quasiment indolore. «En trois à quatre séances, on a arrêté de fumer, reprend Danielle Anthonioz-Bornet. Selon les risques de rechute, il est possible d’en faire quelques-unes supplémentaires pour les éviter.» La méthode préconisée par la spécialiste en médecine chinoise est étonnante. Elle incite à fumer durant les premières semaines du traitement, selon des horaires précis. «J’ai remarqué que l’arrêt dégressif donne de meilleurs résultats à long terme», précise Anthonioz-Bornet. En effet, pour de gros fumeurs, arrêter le tabac progressivement peut s’avérer psychologiquement plus supportable. Le médecin évalue les chances de succès de sa méthode à 80%, tout en soulignant, «que la volonté et la motivation du patient sont indispensables».

L’hypnose pour renforcer son mental

L’hypnose se caractérise comme un état de conscience modifié. «Il s’agit de réinterpréter nos perceptions pour leur donner une autre valeur, une autre signification, explique le docteur Alain Forster. L’hypnose permet d’harmoniser ce qui se passe dans notre corps et dans notre tête». Dans le cas du tabac, il y a un «désaccordage» selon le praticien. Le fumeur, même s’il trouve une certaine satisfaction à fumer, néglige le fait que la cigarette est un poison pour son corps. «Il s’agit de rétablir la connexion entre les deux afin qu’ils fonctionnent comme une unité et non comme deux entités séparées», indique l’expert. Son programme s’étale en trois séances. La première servira à prendre contact. Le médecin essaye de comprendre les liens que le patient entretient avec le tabac, la gestion du stress et de l’ennui ou le besoin de convivialité. Puis, il détaille avec le fumeur les inconvénients de la fumée pour sa santé et pour son entourage. La deuxième fois, Alain Forster initie le fumeur à la pratique de l’autohypnose, grâce à des gestes simples. «Il s’agit de mobiliser ses capacités et ses ressources, explique-t-il. Ça n’a rien de magique!» A la troisième séance, le médecin fait une synthèse de ce qui a été fait et dit. Grâce à l’autohypnose le fumeur pourra, à chaque envie d’une cigarette, remettre spontanément en lien son corps et son esprit.

Il existe encore de nombreuses autres pistes – notamment les livres, les thérapies cognotivo-comportementales ou le laser –, pour éteindre sa cigarette une bonne fois pour toutes. Mais il faut une volonté ferme, les miracles n’ayant encore jamais existé au pays du tabac. Alors pour les personnes qui veulent se lancer, nous leur souhaitons une belle réussite!

MJU/AllTheContent News Agency

Avec l’aimable participation:

  • © Sinomedica – Danielle Anthonioz-Bornet

    de la doctoresse Danielle Anthonioz-Bornet, médecin généraliste FMH, spécialiste en médecine traditionnelle chinoise chez Sinomedica Genève
    Médecin FMH, Danielle Anthonioz-Bornet est spécialisée en médecine traditionnelle chinoise. Elle exerce au centre Sinomedica de Genève. La grande majorité des praticiens des six centres suisses Sinomedica ont accompli une formation médicale de type universitaire occidentale et une spécialisation en médecine traditionnelle chinoise.

  • © Alain Forster

    du docteur Alain Forster, ancien médecin-anesthésiste, spécialisé dans l’hypnose médicale
    Le Docteur Alain Forster a travaillé comme anesthésiste pendant plus de 40 ans aux Hôpitaux Universitaires de Genève où il a notamment utilisé l’hypnose dans son travail. Actuellement il pratique l’hypnose en cabinet privé à raison de deux fois par semaine. Il est également formateur d’hypnose en Suisse romande. Il fait partie des deux sociétés d’hypnoses suisses (SMSH/SHypS).

  • © cipret.ch – Corinne Wahl

    de la tabacologue diplômée Corinne Wahl, directrice-adjointe du Centre d’information et de prévention du tabagisme de Genève (CIPRET-Genève)
    Corinne Wahl est diplômée en tabacologie. Après quelques années passées à l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Genève, elle est entrée en 2003 au Centre d’information et de prévention du tabagisme de Genève (CIPRET), qui est subventionné par l’Etat de Genève. Elle est aujourd’hui directrice-adjointe.

 

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