Copyright: AllTheContent / rawpixel / Pixabay – Un check-up complet peut être réalisé à tout âge.

À l’instar de la nature qui entame un nouveau cycle de vie, beaucoup d’entre nous sont stimulés par l’arrivée du printemps pour opérer certains changements: grand nettoyage et tri dans la maison, nouveau régime alimentaire, etc. La période est aussi propice au check-up de l’organisme, histoire de vérifier que «la machine» est prête à affronter une nouvelle année…

Réaliser un bilan de santé de façon périodique est un bon réflexe préventif, même si l’on a aucun problème de santé particulier. Un «état des lieux» peut ainsi être réalisé à tout âge, comme l’explique le Dr Berdah, médecin généraliste à Renens: «Les parents emmènent déjà régulièrement leurs enfants pour réaliser un bilan complet. Ensuite, à l’âge adulte, c’est au bon vouloir de chacun. Les personnes qui n’ont pas consulté un médecin depuis un certain temps, viennent généralement vers l’âge de 18-20 ans, pour faire un point par rapport à leur santé.» Notre expert précise que ce bilan de santé n’est pas standardisé: «Un check-up englobe plus ou moins d’examens, selon le mode de vie (tabagisme, excès alimentaires, exposition répétée au soleil, etc.) et les antécédents familiaux (cancers, problèmes cardiovasculaires, etc.) de chacun.» Le médecin commencera donc toujours par un entretien détaillé avec le patient, afin de déterminer quels seront les tests utiles à effectuer. Parmi eux, l’analyse de sang est sans aucun doute le premier examen à effectuer pour avoir une vue d’ensemble de sa santé.

Le bilan sanguin: une mine d’informations

Prescrit par votre médecin généraliste ou spécialiste, cet examen permet de mesurer la concentration sanguine de plusieurs éléments: globules rouges et blancs, plaquettes, hormones, sels minéraux, cholestérol, etc. Ce bilan peut parfois révéler une carence insoupçonnée, voire une infection ou le dysfonctionnement d’un organe (notamment le foie et les reins). Ainsi, une baisse du nombre de globules rouges peut révéler une anémie (générée la plupart du temps par une carence alimentaire, sinon causée par des facteurs héréditaires ou une maladie). Les leucocytes (globules blancs) appartiennent, quant à eux, au système immunitaire; en cas d’infection ou de réaction inflammatoire, leur nombre augmente. La partie «Lipides» de l’analyse est elle aussi très révélatrice. On y voit tout d’abord le taux de triglycérides, qui proviennent des graisses alimentaires. Un excès d’alcool, de même que le tabac et l’obésité font partie des facteurs qui contribuent à leur augmentation. Les contraceptifs oraux sont également connus pour augmenter le taux de triglycérides dans le sang. Le dosage du cholestérol est particulièrement important: contrairement à ce que l’on croit, il n’est pas forcément lié au surpoids et tout un chacun doit le contrôler tous les trois à cinq ans. Un excès de cholestérol, dû dans la majorité des cas à une alimentation trop riche en graisses saturées, est très néfaste pour l’organisme. La glycémie, enfin, désigne la concentration de glucose dans le sang. Trop élevée, elle est généralement le symptôme révélateur du diabète.

Hommes et femmes, à chacun sa prévention

Dès l’âge de 20 ans, il est recommandé aux femmes de réaliser un examen gynécologique incluant un frottis et ce, tous les 2 ans, afin de prévenir l’apparition d’un cancer du col de l’utérus. Par ailleurs, il est conseillé de palper de temps à autre ses seins (par exemple sous la douche) à la recherche d’une éventuelle grosseur. Une mammographie bisannuelle est également conseillée à partir de 50 ans, pour vérifier qu’il n’y a aucune anomalie au niveau des tissus. Les hommes ne sont pas exempts d’actes préventifs: à partir de 50 ans, ils devraient faire examiner leur prostate tous les ans. Une coloscopie – examen qui consiste à contrôler la paroi interne du côlon – est quant à elle recommandée à tous les individus dès l’âge de 50 ans. Ce dépistage, réalisé par un gastro-entérologue, permet en effet de déceler les anomalies (polypes, diverticules, inflammation, etc.), puis d’éviter le développement du cancer du côlon. Bien entendu, certains facteurs peuvent augmenter la fréquence de ces examens et inciter le patient à se faire examiner plus tôt dans la vie: antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires, de diabète, de cancer, etc., ou certaines habitudes «malsaines» (tabac, alcool, sédentarité, mauvaise alimentation, etc.).

Vaccinations à jour?

Généralement, les parents suivent de près le calendrier de vaccination de leurs enfants. Mais à l’âge adulte, cette assiduité tend à se perdre… En cas de doute, n’hésitez pas à faire vérifier votre carnet de vaccination par un professionnel de santé qui saura vous conseiller. De même, vous trouverez sur le site InfoVac (www.infovac.ch), le plan de vaccination suisse, régulièrement mis à jour. «À l’âge adulte, dès le 25e anniversaire, il est notamment recommandé d’effectuer un rappel du DTcoq (diphtérie-tétanos-coqueluche, ndlr), nous rappelle le Dr Berdah. Une vaccination de rappel est ensuite recommandée tous les 20 ans.» La vaccination contre la coqueluche, en particulier, est fondamentale: l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) souligne en effet que des cas graves de coqueluche continuent d’être enregistrés chez les nourrissons. Et les adultes représentent une source significative d’infection. À ces vaccinations recommandées de base, l’OFSP ajoute le vaccin contre la grippe, dès 65 ans.

Revoir son alimentation

L’épidémie d’obésité qui touche de plein fouet les pays occidentaux n’a pas épargné la Suisse. Ce problème de santé touche 41,2% de la population, avec une nette différence entre les hommes (51%) et les femmes (32%). En ce qui concerne l’obésité à proprement parler, c’est-à-dire lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 30, elle a plus que doublé en l’espace d’une vingtaine d’années, atteignant plus de 11% des hommes et 9% des femmes! Que ce soit chez les adultes ou chez les enfants, les causes de cette épidémie sont multiples: activité physique insuffisante (surtout chez les moins de 24 ans) et mauvais comportement alimentaire (grignotage incessant, excès de sucre et de graisses saturées). Un rendez-vous chez un nutritionniste vous permettra de faire le point sur votre alimentation et le cas échéant, cet expert vous aidera à retrouver une alimentation équilibrée. Parallèlement, la pratique d’une activité physique, adaptée à votre âge et vos capacités, devra être envisagé pour tonifier votre corps et retrouver rapidement votre poids de forme.

Une peau à observer de près

La Suisse présente le 2e plus fort taux de mélanomes du monde, derrière l’Australie. Chaque année, on dénombre 2’700 nouveaux cas. Ainsi, avant de profiter des rayons du soleil, inspectez consciencieusement l’ensemble de votre corps pour observer vos grains de beauté. Lors de votre observation, ayez toujours en tête la méthode dite «ABCDE»: A – asymétrie, B – bords irréguliers, C – couleur non homogène, D – diamètre supérieur à 5 mm et E – élévation. Au moindre doute ou si plusieurs de ces critères sont réunis, prenez rendez-vous avec un dermatologue sans tarder. S’il partage vos craintes, il réalisera une biopsie-exérèse (retrait, puis analyse de la lésion).

Autres examens de routine

À partir de 40 ans, des troubles de la vue peuvent faire leur apparition: la presbytie notamment, conséquence du vieillissement de l’œil, est inéluctable. Dès que vous ressentez le besoin d’éloigner votre livre ou votre magazine des yeux pour lire correctement, c’est le moment d’aller consulter votre ophtalmologue! La cataracte est elle aussi un trouble lié à l’âge: la vue paraît comme embrouillée, voilée. «Le dépistage d’un éventuel glaucome est également à envisager, ajoute le Dr Berdah. Même si certains facteurs tendent à augmenter le risque de contracter cette maladie dégénérative (hérédité, traumatisme de l’œil, myopie importante, diabète, etc.), le glaucome peut toucher n’importe qui.» Le contrôle de la pression intraoculaire est ainsi à effectuer tous les 3 ans à partir de la 40e année. Plus le glaucome est dépisté tôt, moins les pertes visuelles seront grandes. Une visite annuelle chez votre hygiéniste dentaire est également un minimum, même si vous n’éprouvez aucune douleur particulière. En effet, une mauvaise hygiène buccale peut être à l’origine de nombreux maux, notamment au niveau cardiaque. A minima, vous bénéficierez d’un détartrage qui embellira votre sourire!

Avec le Dr Daniel Berdah, médecin de famille FMH Adultes & Enfants, à Renens.
Médecin généraliste depuis plusieurs années, le Dr Berdah a été nommé lauréat à la faculté de Médecine René Descartes Paris V. Il vient de publier un Guide de thérapeutique pédiatrique à l’usage des médecins généralistes. Il est installé à Renens, dans le canton de Vaud (www.medecin-lausanne.com).

FBR/AllTheContent

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