Depuis quelques années, les mondes virtuels s’invitent de plus en plus dans les cabinets des psychothérapeutes avec des résultats surprenants, malgré toutes les tares dont sont souvent accablés les jeux vidéo. Les avatars numériques permettent en effet de soigner aujourd’hui différentes pathologies.

Relativement récente, la thérapie psychologique par avatar est testée auprès de patients schizophrènes et victimes d’hallucinations auditives, par des médecins du University College de Londres, depuis 2012. Pour l’équipe du professeur Leff, cette approche est très concluante, et a, depuis, été appliquée à plus grande échelle.

Matérialiser les hallucinations auditives

Problème fréquent chez les patients atteints de maladies mentales graves, les hallucinations auditives sont très difficiles à traiter, même avec des médicaments antipsychotiques. Idées délirantes et voix altèrent la capacité des malades à travailler et à construire des relations sociales saines. La thérapie par avatar les aide à matérialiser les voix dans leur tête et à s’y opposer. Chaque patient conçoit lui-même l’avatar de ses hallucinations auditives afin de donner forme à sa maladie. Ces représentations numériques ont une réelle efficacité puisque les résultats de l’étude du professeur Leff montrent que les patients présentent moins de pensées délirantes et suicidaires, et entendent moins de voix que les patients traités par thérapie médicamenteuse. Simple et brève, cette nouvelle forme de thérapie pourrait révolutionner le traitement des pathologies mentales lourdes qui, jusqu’à présent, nécessitait de longs mois de traitements coûteux, avec souvent des résultats aléatoires. Et ce n’est pas la première fois que les jeux vidéo sont utilisés dans le traitement des troubles psychologiques ! L’Observatoire des mondes numériques, spécialiste de ces traitements avant-gardistes, recense plusieurs dizaines de thérapies par les jeux vidéo aux résultats concluants.

Aux origines de ces thérapies

Les premières tentatives remontent à 1995 avec l’utilisation auprès d’enfants autistes. Les thérapeutes se servent alors du jeu « Super Mario » de la société Nintendo pour travailler sur la représentation et le schéma corporel. Les résultats sont prometteurs et commencent à sérieusement intéresser la sphère médicale… Les premières expériences, aux États-Unis, consistent à traiter les troubles de stress post-traumatique que présentent les soldats, à l’aide de jeux de guerre. Rapidement, devant les effets bénéfiques du jeu, ces thérapies sont étendues au traitement des phobies et troubles anxieux. Dans le cadre d’une thérapie comportementale et cognitive, les patients sont exposés à leurs peurs dans un environnement virtuel: avion, foule, espace clos, araignées… Là encore, les résultats sont extrêmement concluants, et aujourd’hui, le jeu vidéo fait partie intégrante du traitement des phobies. Il a même été utilisé dans le traitement des troubles psychologiques qui ont suivi les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.

Des jeux pour canaliser la colère

Mais il faudra attendre 2002 et la sortie du jeu « ICO », pour que les mondes virtuels s’invitent définitivement dans les cabinets des psychothérapeutes. Ce jeu met en scène deux enfants piégés dans une forteresse et aux prises avec des Ombres. Véritable porte d’accès à l’inconscient, « ICO » fait des miracles auprès des enfants souffrant de troubles de l’apprentissage et de problèmes relationnels ou affectifs. Cependant, les univers fantastiques ou merveilleux ne sont pas les seuls utilisés! Depuis déjà plusieurs années, les psychiatres utilisent, aussi bien auprès des adolescents que des adultes, des jeux vidéo violents. « Silent Hill », « Resident Evil »ou encore « GTA » (Gran Theft Auto) ne sont que quelques-uns des titres les plus prometteurs pour apprendre à canaliser des pulsions négatives comme la colère et l’agressivité, et pour favoriser l’insertion sociale et la communication, puisque ces jeux nécessitent de créer des alliances entre joueurs pour gagner…

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