Copyright: AllTheContent / Pixabay – Attention au train-train qui pourrait apparaître sous l’emprise d’un quotidien devenu routinier…

Bébé est là. Vous savourez comme il se doit cette période extatique et fusionnelle. Passée cette lune de miel à trois, une petite routine s’installe parfois. Rien de bien méchant pour l’instant. Mais à terme, votre couple pourrait en pâtir. Comment maintenir le charme pour un retour de flamme?

Votre bébé est la chose la plus merveilleuse qu’il vous soit arrivé. Si cela a solidifié le socle sur lequel votre couple a été construit, il a également déplacé un certain nombre de curseurs. Vous voilà passant de deux personnes glamour à une sorte de duo satellite, entraîné dans un tourbillon spatio-temporel autour de votre tout-petit. Attention au train-train qui pourrait apparaître sous l’emprise d’un quotidien devenu routinier. Petit à petit, l’habitude s’installe et sans que vous ne vous en rendiez compte, ces petits riens que sont la tendresse, la vie sexuelle, les petites attentions – qui font le lit de la vie de couple – peuvent s’évanouir dans les couches et les «areuh»…

Qu’est-ce qui cloche?

Rien ou presque. Ce n’est ni de votre faute, ni celle de votre conjoint. Les nuits hachées, la fatigue, l’absence d’envies peuvent plomber la vie amoureuse. Le Docteur Christian Rollini, thérapeute de couple spécialisé en sexologie, nous l’explique: «Les premières années post-partum sont difficiles pour plusieurs raisons. L’équilibre personnel et celui du couple sont modifiés et il est illusoire d’espérer fonctionner comme avant. Souvent, les mamans se renferment dans la tristesse ou la démotivation d’une libido en berne, faute d’avoir été prévenues des conséquences possibles de la grossesse, de l’accouchement et de l’allaitement sur la physiologie (baisse des œstrogènes par exemple, ndlr) et l’intimité du couple.» Et d’ajouter que cette baisse transitoire de libido est souvent plutôt la norme les 6 à 12 premiers mois, notamment à cause de l’épuisement de nuits interrompues. Il faut toutefois éviter de penser que votre moitié le vit de la même façon. C’est là que la communication, dont se nourrit une relation, revêt toute sa signification.

Rester attentif aux besoins de l’autre

Avec l’arrivée d’un enfant, les motifs de discorde peuvent fleurir, comme ces exemples caricaturaux, mais authentiques: un papa qui estime que l’allaitement dure un peu trop longtemps, une maman qui juge qu’il ne sait pas changer une couche et des beaux-parents qui mettent leur grain de sel. Petit à petit, des rancœurs s’installent et gomment toutes les raisons qui vous ont rendu amoureux de votre conjoint. Il est temps de se réapproprier ces moments à deux. Il ne s’agit pas d’accabler l’autre de reproches ou de s’autocensurer. Essayez simplement de vous tendre la main et de vous retrouver à mi-chemin, à un endroit qui vous satisfasse tous les deux. Ça, c’est pour la partie cérébrale. Mine de rien, les nouveaux rôles que le bébé vous fait endosser vous ont fait lentement mais sûrement couler dans le moule confortable de parents. Dans l’inconscient collectif, les parents sont des êtres peu ou prou asexués. Pourtant, ce n’est pas parce que vous êtes devenus papa et maman que vous n’êtes plus dotés de besoins charnels. Ils peuvent toutefois être enfouis sous un monticule de mal-être: comment se sentir attirante si l’on s’enferme dans une spirale de dévalorisation pour quelques kilos hérités durant la grossesse? C’est là que l’homme doit savoir convaincre sa compagne en lui montrant qu’il apprécie ses nouveaux atouts et qu’il la trouve sensuelle avec sa généreuse poitrine, son corps voluptueux et son ventre bombé. Ce ventre qui a abrité le fruit de leur amour.

Communiquer pour briser les tabous

D’un autre côté, c’est parfois le père qui peine à retrouver son rôle de séducteur envers sa femme, la mère de son enfant, qu’il voit dorénavant comme une madone. Ces sentiments contradictoires et mitigés sont assez déconcertants pour le couple. S’il ne faut pas craindre de bousculer les conventions de chaque côté en lui faisant redécouvrir la femme qu’il a connue, il faut aussi respecter les craintes parfois fondées. Une épisiotomie ou une césarienne peuvent laisser des séquelles physiques ou psychologiques ressenties différemment chez l’un ou l’autre partenaire. Il faut l’évoquer de façon à éviter l’installation de tabous. Intégrer l’autre dans la boucle peut lui permettre de ne pas se sentir exclu. Programmer un vrai dîner à deux après un rendez-vous de rééducation périnéale, au lieu du repas rapidement avalé sur le coin d’une table, vous rapprochera. Enfin, s’il y a une chose qu’il faut se réapproprier de toute urgence, c’est la tendresse. Les câlins et les bisous pour bébé c’est bien, mais il n’est écrit nulle part que les parents n’y ont plus droit. Rome ne s’est pas construite en un jour, alors prenez le temps de vous retrouver tous les deux. Si ce ne sera jamais comme avant, ne pensez-vous pas que cela pourrait être encore mieux?

Raviver le désir peu à peu

Souvenez-vous de ce qui faisait pétiller vos premiers rendez-vous. Prenez soin de l’autre, mais aussi de vous. Faites renaître le désir au sein de votre couple: envoyez-vous des SMS coquins dans la journée, regardez un film (érotique ou pas) ensemble, racontez vos moments de fous rires pour les revivre à deux. Choisissez de surprendre votre conjoint: lingerie sexy voire libertine à offrir ou à se faire offrir, massage mutuel avec des huiles aux fragrances gourmandes, susurration de mots sensuels à des moments incongrus et laissez (re)venir la vague de désir et de réunion de votre couple. Et si d’aventure vous avez envie de vous risquer sur des sentiers plus audacieux, tournez-vous vers les sextoys qui ont franchi le seuil de la discrétion embarrassante pour se faire une place sans complexe au soleil. Passez du temps avec votre conjoint à regarder et à trouver celui qui vous convient. La réapparition du désir et du plaisir peut débuter par la recherche à étonner son partenaire… Ensuite c’est à vous deux de jouer la partition qui vous convient. La suite restera confidentielle.

Biographie

Avec le Docteur Christian Rollini, psychiatre, psychothérapeute et thérapeute de couple, spécialiste en sexologie.
Ancien médecin cadre de la consultation de gynécologie psychosomatique et sexologie des Hôpitaux Universitaires Genevois, fondateur et vice-président de la Swiss Society of Sexology (SSS), le docteur Rollini est aujourd’hui responsable médical à Medipsy Lausanne.

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