Fonction détoxifiante, trêve pour le système digestif, sensation de bien-être… La pratique ponctuelle du jeûne thérapeutique fait l’objet d’un engouement important depuis quelques années. Focus sur les précautions à prendre et les avantages du jeûne.

Développé par les naturopathes il y a plus de 2500 ans, le jeûne ancestral a longtemps été considéré comme une pratique spirituelle. Ensuite, il a réussi à s’intégrer dans les options thérapeutiques pour finalement être peu à peu abandonné par la médecine moderne. Puis, entre 1960 et 1990, un regain d’intérêt pour cette pratique a été observé dans les hôpitaux des pays de l’Est, de la Russie et de l’Allemagne. Aujourd’hui, une dizaine d’hôpitaux publics en Allemagne incluent des «cures de jeûne» dans les traitements de certaines pathologies. Comment le pratiquer sans mettre son organisme en danger et quels sont ses bénéfices?

Pratiquer le jeûne thérapeutique en toute sécurité

Avant de se lancer dans l’aventure, il est nécessaire de respecter un certain nombre de précautions. Une discussion au préalable avec votre médecin est vivement recommandée. Même s’il n’est pas un adepte de cette pratique, il pourra vous aiguiller si vous présentez des contre-indications. En effet, la pratique du jeûne n’est pas recommandée aux personnes prenant un traitement médicamenteux, ni aux personnes souffrant de diabète de type 1 ou d’anorexie et bien-sûr, elle est déconseillée aux jeunes enfants et aux personnes âgées. «En effet, les médicaments consomment une quantité importante de vitamines et de sels minéraux, donc il faut être précautionneux et réaliser un bilan sanguin avant de commencer un jeûne» avertit Patrick Leconte, nutritionniste à Genève et Lausanne.

Quelques conseils pour bien réussir son jeûne

«Ce qui est important dans le jeûne, c’est la porte d’entrée et de sortie, explique notre expert. À partir du troisième jour avant le début du jeune, on s’alimente de moins en moins. À J-1, je conseille de prendre un petit-déjeuner léger, du poisson blanc le midi, des fruits et amandes à 16h, puis de vider ses intestins le soir.» Aussi, comme il peut y avoir des réactions de stress, il est nécessaire de ne pas se sentir seul et surtout, de se préparer psychologiquement. Dans la littérature relative au jeûne thérapeutique, il est conseillé de jeûner 3 jours par trimestre, un jour par semaine et une semaine par an. «Ici, nous sommes dans le jeûne ancestral ou hydrique, précise le nutritionniste. C’est le vrai jeûne! On boit de l’eau et des tisanes à base de fleur de sureau pour les reins, d’artichaut et de chicorée pour le foie, de fenouil pour la reminéralisation, ou encore, de mélisse et d’aloe pour l’intestin. La première fonction du jeûne est la détoxification». Un volume d’un litre à deux litres par jour est suffisant et il est conseillé de boire régulièrement, en petites quantités, sans attendre d’avoir soif.

Ses bénéfices sur le corps et l’esprit

Globalement, le jeûne thérapeutique est considéré comme un rééquilibrage du corps, qui va puiser successivement dans ses réserves de sucres et de lipides. «On commence à découvrir que le jeûne est bénéfique en cas de surpoids, d’hypercholestérolémie, d’hypertension artérielle et qu’il permet de réguler le métabolisme du glucose, souligne Patrick Leconte. De plus, il diminue la masse de graisse située au niveau des viscères, qui est en grande partie responsable des problèmes cardiovasculaires. Finalement, le jeûne permet de diminuer massivement les phénomènes inflammatoires». Côté bénéfices psychologiques, les partisans du jeûne mettent souvent en avant les sensations de plénitude et de calme ressenties pendant son déroulement. Des effets corroborés par notre spécialiste: «Un vrai jeûneur jeûne toute sa vie! La dopamine et les endorphines libérées à partir du troisième jour provoquent cet état de bien-être. En parallèle, vous avez l’impression que votre corps se suffit à lui-même grâce à une nourriture intérieure.»

Vers une meilleure compréhension des vertus du jeûne?

Certains médecins et nutritionnistes pointent du doigt certaines dérives de cette alternative thérapeutique et soulignent qu’il faut privilégier le bon sens alimentaire et l’équilibre. Les études sont souvent remises en cause par ces opposants, qui expliquent alors que les vertus du jeûne reposent davantage sur une croyance étayée par des témoignages de patients ou de médecins. D’un autre côté, pour Patrick Leconte: «Il reste tout à découvrir sur ce sujet du jeûne, et tout est possible. Même si la Russie et l’Allemagne sont très en avance sur ces sujets, il faut cependant concentrer nos efforts sur l’explication de l’ensemble des mécanismes biologiques impactés par la pratique du jeûne».

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