© Neill Kumar – Femme et plante

Troubles du sommeil, bouffées de chaleur, douleurs articulaires, à chaque petit problème du quotidien correspond un remède naturel. Les plantes médicinales contiennent des principes actifs dont certains ont fait l’objet d’étude scientifique. Mais mal utilisées, elles peuvent s’avérer néfastes. Certaines précautions d’emploi s’imposent.

Soulager les petits maux du quotidien par les plantes n’a rien de nouveau. Déjà près de 3000 ans avant Jésus-Christ, le peuple sumérien avait recours à la myrte, au chanvre indien et au thym pour se soigner. L’un des premiers manuscrits consacrés aux plantes médicinales date de l’ère égyptienne vers 1500 avant Jésus-Christ. Il s’agit du papyrus Ebers qui en répertorie plusieurs centaines. Au fil du temps, les médecins de l’Antiquité constituent une véritable pharmacopée. L’ouvrage, «De materia medica», d’un médecin grec du 1er siècle après Jésus-Christ est longtemps resté l’une des principales références en Europe. Au moyen âge, la médecine demeure fidèle à la phytothérapie. Des vestiges d’utilisation du pavot comme antalgique ont été découverts, lors de fouilles archéologiques dans un hôpital monastique écossais du 11e siècle. Il faudra attendre quand même le 19e siècle et le développement de la chimie pour en connaître davantage sur ces plantes. Les substances actives concentrées dans les feuilles, les racines et les fleurs seront alors étudiées pour en connaître leurs propriétés thérapeutiques et leurs effets indésirables. L’Organisme mondial de la santé (OMS) répertorie aujourd’hui 22’000 plantes médicinales, dont 2000 à 3000 ont fait l’objet d’études scientifiques. Cette médecine naturelle ne doit pas être confondue avec l’homéopathie, dont la substance, d’origine végétale, animale ou minérale, subit de nombreuses dilutions. L’homéopathie relève d’une médecine beaucoup plus contemporaine, qui a été définie pour la première fois au 18e siècle par Samuel Hahnemann.

A chacun sa forme

Du grec «phyton», la plante, et de «therapein», soigner, la phytothérapie se réfère à l’usage thérapeutique des plantes. La façon la plus simple de les consommer restent l’infusion des parties délicates, comme les feuilles ou les sommités fleuries. Mais chaque principe actif n’est pas hydrosoluble, et pour être efficace, certaines plantes doivent être administrées sous forme de poudre, de décoction, ou de teinture mère. Pour extraire les polyphénols hydrosolubles de la mélisse, verser de l’eau bouillante sur les feuilles séchées suffit. Au contraire, pour récupérer la substance active liposoluble du curcuma – la curcumine –, il faudra d’abord la faire macérer dans de l’alcool. Solubles ni dans l’eau, ni dans l’alcool, certains principes actifs devront, quant à eux, être réduits en poudre, par cryobroyage. Cette technique protège les composants fragiles de l’oxydation de l’air, avant d’être conditionnés en gélule. C’est le cas de la prêle des champs, connue pour ses propriétés drainante et reminéralisante. Ses tiges, porteuses de rameaux fins, regorgent de silicates et de silicium organique, insolubles dans l’eau et dans l’alcool. Pour une efficacité optimale, l’organe de la plante le plus concentré en principe actif devra être choisi: la racine pour l’harpagophyton, les fleurs pour la passiflore, la graine pour le guarana ou les feuilles pour le ginkgo.

Des remèdes naturels et toxiques

La phytothérapie apporte une solution naturelle, à tout âge. La camomille calmera les tout-petits, la bardane assainira la peau des adolescents, le guarana apportera vitalité aux jeunes actifs et l’harpagophyton soulagera les rhumatismes des personnes âgées. Si certaines plantes ont des propriétés antibactériennes et antivirales connues, d’autres sont efficaces contre les troubles digestifs et facilitent le transit. La valériane, la passiflore, l’aubépine et le pavot de Californie s’apparentent, quant à elles, aux plantes du sommeil. Difficultés à s’endormir ou réveils nocturnes, elles se consomment sous forme de tisane ou de teinture-mère avant le coucher.
Bien que naturelles, ces plantes n’en sont pas moins inoffensives. Mal utilisées, elles peuvent même s’avérer hépatotoxiques ou neurotoxiques et avoir des conséquences irréversibles. D’une manière générale, la phytothérapie est à éviter chez les femmes enceintes, celles qui allaitent, les enfants de moins de 6 ans et les personnes sous traitement médicamenteux. Des interactions chimiques peuvent survenir. La prise de millepertuis, pour soulager une légère dépression, est incompatible avec la prise d’une pilule contraceptive, au risque de provoquer un échec de la contraception. L’aubépine peut, en cas de surdosage, provoquer des palpitations, des maux de tête, voire même des bouffées de chaleur. Le mélilot, quant à lui, conseillé dans les problèmes de jambes lourdes, agit comme un anticoagulant. Il fluidifie le sang et augmente le risque d’hémorragie. D’autres plantes sont également à proscrire, en cas d’allergie. La reine des prés, le saule et le bouleau contiennent des dérivées salicyliques, dangereux en cas d’allergie à l’aspirine. Quant à l’anis et au fenouil, ils sont contre-indiqués en cas d’intolérance à l’anéthol. Même naturel, un remède peut devenir un poison. L’automédication par les plantes est donc à manier avec précaution. En cas de doute, mieux vaut demander conseil à son médecin ou à son pharmacien.

Soulager les maux des tout-petits

Mélisse, fenouil, camomille ou encore gingembre, les infusions de plantes peuvent rendre de nombreux services aux mamans. Facile à réaliser à la maison, elles peuvent soulager certains maux de ventre du nourrisson. Leurs principes actifs solubles dans l’eau ont l’avantage d’être rapidement métabolisés et l’apport hydrique facilite en générale la guérison. Les mamans peuvent ainsi accompagner la prise du biberon dans le calme, d’une tisane de fenouil pour soulager les coliques, dues à une mauvaise évacuation de l’air. Il suffit de mélanger une cuillère à café de graines de fenouil doux dans une tasse d’eau bouillante et de laisser infuser 10 minutes. A cet âge, les médecins préconisent d’ajouter un quart de tasse au biberon, puis d’augmenter la dose à un demi-volume chez les enfants de 3 à 6 ans et à un volume chez les plus de 7 ans. La prise peut être renouvelée 2 à 4 fois par jour, selon les besoins. D’autres plantes, la camomille, la mélisse et le serpolet, peuvent être ajoutées pour leurs effets antispasmodiques. Pour stopper une diarrhée, les mamans opteront pour une tisane à base de feuilles de salicaire, de racines de fraisier ou de baies de myrtille. Seules ou mélangées, elles sont particulièrement efficaces et évitent tout risque de déshydratation. Au contraire, en cas de constipation, une infusion de fleurs de mauve et de racines de guimauve leur fera le plus grand bien. Elles agissent en douceur sur le système digestif et soulagent rapidement. Là encore, la recette reste quasi inchangée. Après avoir mélangé une cuillère à café dans une tasse d’eau bouillante, les plantes séchées doivent macérer 3 heures avant consommation.

Allaiter grâce aux plantes

De retour à la maison, certaines femmes font le choix d’allaiter leur enfant. Trop ou pas suffisamment de lait, l’allaitement s’avère parfois fastidieux. Les remèdes naturels, puisés dans l’alimentation ou les plantes, peuvent alors être d’une grande aide. Consommer des lentilles ou des pois chiches favorise ainsi la lactation. Certaines plantes aussi sont reconnues pour leurs propriétés galactogènes, comme le fenouil, le fenugrec, l’anis vert, l’aneth, le galéga ou le carvi. La façon la plus simple de les consommer est sous forme de tisane, puisque pour produire du lait, il faut avant tout boire près de 2,5 litres d’eau par jour. Rien de plus simple alors que de confectionner sa propre tisane à la maison. Il suffit de mélanger 50 grammes (g) d’anis vert, 30g de fenouil, 30g de galéga, 30g de carvi, 30g de fenugrec et 30g d’ortie piquante. Compter une cuillère à café pour une tasse d’eau bouillante et laisser infuser 10 minutes, avant de filtrer. Les phytothérapeutes recommandent d’en consommer 1 litre par jour tout au long de la journée. Autre avantage de ces infusions, les principes actifs du fenouil ou de l’anis passent dans le lait maternel, facilitent la digestion du nourrisson et contribuent à soulager les coliques. D’autres plantes, au contraire, réduisent la sécrétion lactée et doivent être évitées en cas d’allaitement. C’est le cas du persil, de la sauge et de la menthe fraiche. Elles sont néanmoins recommandées pour arrêter l’allaitement en douceur et éviter les engorgements lors du sevrage.

© Rodion Kutsaev – Fleur jaune

© Brandon Morgan – Fleur trèfle

© Dominik QN – Papillon butine

© Demi Kwant – Pâquerette

PMI/AllTheContent News Agency

1 Comment

  1. Silvana dit :

    Bonnes réponses à les questions sur le pouvoir des plantes naturelles et leur utilisation adaptées.

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