Téhima, qui signifie harmonie en hébreu, est un ensemble de 22 chorégraphies correspondant à chacune des 22 lettres de l’alphabet hébreu. Cette danse méditation s’inspire notamment de la symbolique du Sepher Yetsirah et de la calligraphie.

A l’origine de la Téhima

Au début des années 2000, Tina Bosi, chorégraphe et ostéopathe, passionnée par la symbolique des lettres hébraïques, décide d’allier ses deux activités en créant la Téhima. «Pourquoi, se dit-elle, ne pas dessiner et faire vivre dans l’espace, avec le corps, les 22 lettres hébraïques ?» Progressivement, et avec le regard de son mari calligraphe, philosophe et kabbaliste, Frank Lalou, Tina Bosi a développé le principe d’une chorégraphie méditative prenant en compte les dimensions corporelle, spirituelle et symbolique. Le texte principal inspirant la Téhima est le Sepher Yetsirah, expliquant que le monde a été créé à travers les 22 énergies des lettres hébraïques. Face à l’intérêt grandissant pour la Téhima, Tina Bosi a commencé à former des personnes à l’enseignement de la Téhima dès 2013 dans son école à Paris. Deux années de formation sont nécessaires pour être enseignant. Aujourd’hui, des cours sont proposés en France, en Belgique et en Suisse et la fédération internationale de Téhima vient d’être formée.

Connecter le corps à l’alphabet hébreu

La Téhima consiste à effectuer, en position debout, 22 chorégraphies par des mouvements en spirale. Chacune d’elle est en relation avec une vertèbre et un organe ou région corporelle (main, visage, etc.). La lettre «ALEPH» est reliée à la partie thoracique du corps et représente aussi le taureau. La chorégraphie correspondante est utile pour une personne ayant besoin de retrouver une unité avec elle-même ou d’ouvrir davantage sa cage thoracique et fluidifier sa respiration. «MEM» est quant à elle reliée au ventre (à la matrice), mais aussi au bassin. C’est la lettre des gestations représentant l’élément eau. La chorégraphie associée pourra par exemple être conseillée à une personne en période de transition ou qui a besoin de se rapprocher de sa part féminine. Autre exemple: la lettre «AYIN» qui est associée au foie. En traçant cette lettre avec son corps, la personne va agir sur les membranes (fascias) entourant cet organe et progressivement, le foie va retrouver plus d’amplitude pour assurer correctement ses fonctions physiologiques.

Lors d’un soin, en complément à une autre pratique, ce sera juste un mouvement particulier de la lettre en lien avec l’organe ou la partie du corps qui a besoin de s’assouplir qui sera dansé. Pendant les cours privés (de 60 minutes), une lettre est mise en mouvement selon les besoins du pratiquant. Lors des cours collectifs (de 90 minutes), les lettres sont choisies par l’enseignant(e) en fonction de son inspiration, de la période de l’année ou encore en fonction du groupe ou de l’énergie dégagée lors du cours précédent. Pour Tina Bosi, «la gestuelle de chaque lettre permet l’ancrage, l’allongement et la respiration des tissus en donnant une intention, kavanah en hébreu, dans la partie du corps que symbolise la lettre». Ainsi, lorsque les enveloppes des organes, le système musculo-squelettique, se détendent et s’allongent, les organes retrouvent leur aisance physiologique. En associant chaque lettre de la Téhima à une vertèbre, les muscles profonds du rachis sont stimulés. Pendant la pratique de la danse, une respiration et une intention ciblent la région anatomique concernée. Par ailleurs, on retrouve l’importance de ce souffle dans la création calligraphique: inspiration, tracé de la lettre et respiration pour intégrer l’énergie de la lettre. Les pratiquants de la Téhima complètent souvent leur formation par des séances de calligraphie.

Qui peut pratiquer la Téhima ?

Cette danse méditative et joyeuse basée sur une approche holistique du corps est accessible à tous. Aucune croyance spirituelle n’est imposée et les personnes de tous horizons ou cultures souhaitant retrouver, par exemple, de la souplesse ou se réapproprier leur posture après une opération peuvent pratiquer la Téhima. La chorégraphie, douce et complète, réalisée dans le silence ou avec une musique, offre la possibilité de débloquer des tensions sur les organes et sur les muscles. C’est aussi une opportunité pour retrouver une respiration plus calme et plus profonde. Sur le plan spirituel et mental, cette méthode s’adresse également aux personnes ayant besoin de se recentrer sur leurs émotions et leurs sensations. En effet, une difficulté affective entraîne une déconnexion de son corps avec son esprit. Ici, la Téhima permettra de lâcher prise et de reconnecter peu à peu le corps aux émotions. Dans un contexte plus préventif, la Téhima est une pratique qui répond aux besoins des adultes souhaitant rester en forme. Grâce à sa simplicité de mise en œuvre, cette méditation en mouvement peut être pratiquée n’importe où, à l’intérieur ou dans la nature. Pour les enfants et adolescents, période à laquelle l’image du corps est souvent complexe, la Téhima est également bénéfique pour développer leur schéma corporel et les aider à prendre conscience de leurs potentiels.

JPAS/AllTheContent

Comments are closed.