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De prime abord, le nom de cette thérapie peut faire frémir. Rassurez-vous, il n’est en aucun cas question d’insérer des aiguilles dans les yeux! En revanche, positionnées au niveau des mains et des pieds, ces micro-aiguilles pourraient prévenir certaines pathologies oculaires et empêcher votre vision de décliner…

Découverte par le professeur danois John Boel, l’acupuncture oculaire (dénommée parfois «acupuncture 2000») est une thérapie unique en son genre, destinée à – sinon traiter – ralentir l’évolution de pathologies oculaires telles que la Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la cataracte, le glaucome, la rétinite pigmentaire, la rétinopathie diabétique, le syndrome des yeux secs, etc. Elle peut également être utilisée pour traiter certains troubles de la vision, comme la presbytie, la myopie (chez les personnes de moins de 20 ans) ou d’autres défauts de vision rencontrés suite à une opération par exemple.

Une pratique méconnue

Habituellement, lorsque l’on évoque l’acupuncture, c’est le plus souvent dans le cadre du traitement du stress, des migraines ou des tendinites, comme aide au sevrage tabagique, ou encore pour ré-harmoniser les flux d’énergies et ainsi retrouver son bien-être. Mettre en œuvre cette pratique pour le traitement de maladies oculaires peut donc surprendre.

L’acupuncture oculaire pourrait s’apparenter à la chiropraxie, une autre pratique non conventionnelle qui consiste à prévenir et traiter les troubles de l’appareil neuro-musculo-squelettique, principalement en exerçant des pressions manuelles à divers endroits bien spécifiques. Ici, il s’agit de poser des aiguilles d’acupuncture, très petites et extrêmement fines (on parle d’ailleurs de «micro-acupuncture»), au niveau des articulations où se trouvent des points sensibles. Ces points se trouvent majoritairement dans les articulations des doigts et des orteils; d’autres points se situent au niveau des sourcils.

Activer le processus de guérison

Selon John Boel, chaque point émet sa propre fréquence lorsqu’il est stimulé et peut donc agir sur la zone cérébrale à laquelle il est relié. La pose des aiguilles, en provoquant une micro-lésion, «simule» une blessure dans l’œil, ce qui engendre une réaction du cerveau: celui-ci envoie immédiatement des substances nécessaires à la guérison (endorphines, hormones) vers les zones lésées, à savoir les yeux. En somme, l’organisme s’auto-répare. Pour développer sa méthode, John Boel s’est lui-même inspiré du travail d’une biologiste chinoise, Yingqing Zhang, à l’origine du ECIWO (Embryo Containing the Information of Whole Organism, littéralement «embryon contenant des informations sur l’organisme»). Cette méthode de micro-acupuncture traite la plupart des pathologies habituellement soignées par acupuncture traditionnelle, à partir des points sensibles se situant sur le deuxième os métacarpien (au niveau de la main). La particularité et l’intérêt de cette approche est de pouvoir aborder plusieurs troubles de l’organisme à partir d’une seule zone restreinte.

Des résultats encourageants

Plusieurs milliers de personnes dans le monde ont déjà bénéficié de séances d’acupuncture oculaire; les effets sont plus ou moins immédiats selon les patients. Une étude de l’Université John Hopkins à New York– menée par le Dr. Andy Rosenfarb, autre éminent spécialiste de l’acupuncture oculaire – a constaté une amélioration de la vue chez la moitié des patients traités. L’avantage de cette méthode est qu’elle ne génère aucun effet secondaire néfaste.

Comme n’importe quelle autre thérapie, les chances de succès augmentent si la prise en charge se fait plus précoce. La réussite du traitement repose aussi sur la fréquence des séances: par expérience, il s’avère que deux séances quotidiennes (d’une trentaine de minutes chacune), pendant cinq jours consécutifs, offrent les meilleurs résultats. Pour le traitement des maladies oculaires dégénératives, le traitement est généralement répété régulièrement, de manière à stabiliser les améliorations obtenues. Si certaines ne peuvent être complètement guéries (notamment les troubles ou pathologies trop avancés, comme la myopie ou la cataracte), l’acupuncture oculaire permet tout du moins de ralentir leur évolution de façon notable, apportant ainsi plus de confort au patient.

Notre vision mise à mal

Aujourd’hui, les problèmes oculaires liés à l’âge se multiplient et se manifestent de plus en plus tôt. Le stress, la pollution, le rayonnement solaire mais surtout, les écrans désormais omniprésents ont évidemment une grande part de responsabilité dans la multiplication des troubles de la vision et des pathologies qui peuvent en découler, notamment chez les plus jeunes.

L’Organisation mondiale de la santé estime à 1,3 milliard le nombre de personnes atteintes de déficiences visuelles dans le monde, dont une majorité de presbytes. Environ 80% de l’ensemble de ces déficiences visuelles sont considérées comme évitables. Si la consultation chez l’ophtalmologiste reste le premier réflexe à la moindre anomalie, des pratiques complémentaires, telles que l’acupuncture oculaire décrite ici ou encore l’optométrie, pourraient pourtant permettre de reporter, voire d’éviter le port de lunettes ou lentilles correctrices. Des exercices visuels destinés à rééduquer la vision, répétés quotidiennement, peuvent en effet s’avérer particulièrement efficaces.

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